Pourquoi les toits nantais se chargent en mousse
La mousse n'a pas besoin de beaucoup pour s'installer : de l'eau, une surface poreuse et peu de
soleil direct. Le climat nantais coche les trois cases. Les normales 1991-2020 de la station de
Nantes-Bouguenais donnent 1 174,0 mm de précipitations annuelles réparties sur 130 jours, une
température minimale moyenne de 5,2 °C et une maximale moyenne de 15,1 °C. Il gèle rarement
assez fort pour détruire les colonies, et les 2 117,5 heures d'ensoleillement annuel ne suffisent
pas à sécher un versant nord entre deux averses.
Le parc bâti fait le reste. Nantes compte 196 038 logements, dont 35 611 maisons. Sur les
33 574 maisons occupées en résidence principale, 3 970 datent d'avant 1919 et 6 236 de
l'entre-deux-guerres : 10 206 maisons, soit 30,4 % du parc individuel nantais, sont antérieures
à 1945 (INSEE, recensement de la population 2023). Ces maisons portent majoritairement de
l'ardoise naturelle, dont la surface légèrement rugueuse retient l'humidité et accueille le
lichen bien plus facilement qu'une tuile récente à surface vitrifiée.
Une mousse installée n'est pas qu'un problème d'aspect. Elle retient l'eau contre la couverture
au lieu de la laisser filer, elle soulève progressivement les recouvrements, elle finit dans les
gouttières et, en hiver, le gel de l'eau piégée fait éclater la surface des tuiles. C'est ce
cycle-là qu'un démoussage interrompt.